La série des Émile

Ce qui est bien avec Émile, c’est que les parents ne s’ennuient pas en lisant ces livres, c’est comme çà et pas autrement !

Emile se déguiseJe vous ai déjà parlé de « Émile se déguise » mais cette petite collection est si riche qu’elle vaut bien un article pour elle toute seule, et certainement un second quand nous aurons découvert les dernières histoires.

De manière générale, Émile met en scène un petit garçon qui suit sa propre logique et n’obéit pas aux injonctions des adultes. Les enfants sont contents de sortir des histoires moralisantes où l’on explique qu’il faut obéir à papa et maman et les parents se retrouvent dans ce petit garçon, peut être pas toujours très sage, mais dont l’opposition est la source de réflexions loufoques ou poétiques qui leur rappellent celles de leurs petites têtes blondes.

Le style est très agréable à lire avec des phrases qui reviennent comme des ritournelles et des dialogues fluides car rédigés au style direct. Il suffit de faire deux voies à la lecture pour rendre le texte très vivant.

Emile veut une chauve-sourisTous les Émile ne sont pas au même niveau de complexité. Les plus simples en ce sens qu’ils demandent le moins de connaissances pré-acquises sont certainement « Émile veut une chauve-souris » et « Émile se déguise ».

Dans le premier, Émile explique qu’il veut une chauve souris et répond aux objections de ses parents de manière tout à fait rationnelle jusqu’à se faire emprisonner par son propre raisonnement. On lui dit que les chauves souris vivent la nuit ? Et bien, il suffira d’éteindre toutes les lumières etc…

Dans « Émile se déguise », Emile s’oppose à sa mère qui veut le déguiser en prince charmant ou en tomate pour le carnaval. C’est l’occasion de confronter la vision des parents qui infantilisent un peu leur enfant en le réduisant à une poupée toute mignonne à celle d’Émile qui, lui, veut devenir grand et s’identifie à son voisin Ferber qui est bien habillé et qui a, un jour, montré de la considération pour lui en l’appelant « Monsieur » dans l’ascenseur.

Emile est invisibleDans « Émile est invisible », il s’agit de rentrer dans la logique de ce petit garçon qui croit dur comme fer qu’en étant invisible, il évitera de manger ces horribles endives et qui se demande comment sa maman arrive malgré tout à le voir. Ce sera l’occasion de rebondissements cocasses jusqu’à la chute dont fera les frais la petite Julie. Bien sur, pour tout saisir, il faut comprendre le concept d’invisibilité, ce qui n’est pas très facile pour mes loulous de 3 ans et demie.

Émile, il est 7 heures« Émile, il est 7 heures » est encore plus difficile à comprendre car il suppose d’avoir la notion du temps qui passe et d’avoir une petite idée des grands moments de la journée. Émile n’a pas encore une idée tout à fait précise de l’écoulement du temps et sera confronté tout au long de la journée au changement de l’heure alors que sa maman, qui a toujours raison, lui a dit qu’il était 7 heures ce matin. Evidemment, il finira par avoir raison quand arrivera 7 heures du soir. Émile vous l’avait bien dit qu’il était 7 heures !

Emile fait la fêteEnfin, Émile comme tous les jeunes enfants se confrontent aux autres. Dans « Émile fait la fête », il expérimente ainsi l’organisation d’un événement, ce qui suppose de faire des efforts, de prêter ses jouets et de préparer des décorations mais aussi d’accepter les cadeaux qu’on vous offre même si ceux-ci ne sont pas à la hauteur de vos espérances. Bref, il s’agit de faire l’expérience du partage et de l’altérité ; des choses que précisément, Émile essaie d’éviter  dans « Émile et les autres » où sa maman l’oblige à aller au parc avec ses petits camarades. Emile et les autresLui, aurait préféré lire un livre de cape et d’épée dans sa chambre. Que cela ne tienne, il imagine ses amis dans les aventures du livre puis trouve finalement refuge auprès du vieille dame qui fait fuir les enfants parce que ceux-ci font peur aux pigeons qu’elle nourrit. Ce côté asocial plait à Émile qui trouve en la vieille dame une alliée. C’est aussi l’occasion de critiquer en creux l’attitude des parents qui cherchent parfois un peu vite à choisir une activité tout faite pour leur enfant afin de pouvoir vaquer tranquillement à leurs propres occupations. Ainsi, la maman explique rapidement à Émile, après lui avoir vraisemblablement menti sur la présence de son amie Julie, qu’il doit rester au parc sur la surveillance de « la maman de lui ».

C’est toute la richesse d’Émile que d’interroger aussi les parents sur leurs propres rapports avec leurs enfants. D’ailleurs, le même auteur a sorti un livre intitulé « Les Enfants sont méchants » qui commence par décrire par le chapitre toutes les bêtises des enfants qui renversent leurs assiettes, n’écoutent pas ce qu’on leur dit etc … et qui peu à peu introduit sous la forme d’ironie le fait que les parents qui râlent devant ce comportement ont été eux mêmes enfants mais bien sur, eux, ils étaient sages. N’est-ce pas ? Puis le livre montre les parents qui après avoir rangé et nettoyé toutes les bêtises de leurs enfants viennent les border amoureusement. Finalement les enfants sont ils méchants ?

Emile fait un cauchemarEnfin, « Émile fait un cauchemar » joue sur le caractère non conformiste de ce petit Émile qui ne fait pas de cauchemar de loups car lui, il n’a pas peur de loup et sur le caractère mièvre de certains contes pour enfants. Sa maman qui n’aime quand même pas trop ces histoires qui font peur, lui propose une histoire de petits lapins roses mais ceux-ci ne seraient-ils plus inquiétants que le loup.

Vous retrouvez bien sûre la série Emile de Vincent Cuvellier (Auteur), Ronan Badel (Illustrations) aux éditions Giboulées sur Amazon.fr.

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