“Le Héros Sacrilège”, Mizoguchi (1956)

Le film s’ouvre sur la description de la situation politique : d’un côté, des moines soldats qui brutalisent la population en tirant tout leur prestige et leur pouvoir des palanquins sacrés dont ils ont la garde. De l’autre, un empereur qui a perdu une partie importante de son pouvoir, abandonnant le gouvernement du royaume à ses conseillers qui font primer les enjeux de pouvoir et de hiérarchie sur l’intérêt du royaume.

Dans ce contexte, un samouraï et son armée rentre victorieux.
Sa femme regrette que son succès ne lui permette pas d’être anobli.  

Le spectateur sait que si l’Empereur est favorable à cet anoblissement, ses conseillers sont contre et prennent le dessus sur l’Empereur.

Déçu du manque de reconnaissance, le fils du samouraï, héros du film ,refuse d’accompagner son père dans la nouvelle mission qui leur est confiée.

Il a fait la connaissance du jeune fille issue d’une famille noble mais qui est déclassée et doit travailler pour vivre. Il est tombé amoureux de la fille de la maison dont le frère oisif a pour seule activité les combats de coq.

En ville, il fait la rencontre d’un marchand, préférant abandonner la destinée d’un samouraï à une activité plus lucrative.

Celui-ci lui raconte qu’il est le fils de l’Empereur. Le jeune héros interroge le domestique de son père qui lui raconte que sa mère était la maîtresse de l’Empereur mais également d’un moine.

Un soir, l’Empereur l’a découverte en compagnie de ce moine. La sachant enceinte et ne pouvant déterminer qui était le père de l’enfant, il demande au père du héros d’épouser la courtisane.

Interrogé sur cette question, le samouraï lui assure qu’il est son fils.

On est frappé par l’opposition de couleur et d’atmosphère entre les scènes baignées de lumière, aux couleurs vives qui décrivent la vie et la famille de la jeune fille dont le héros est amoureux et les scènes chez le marchand ou les flash-backs qui racontent l’histoire de sa conception.

De retour de sa seconde mission, le samouraï est finalement promu. Les conseillers de l’Empereur fomentent un complot pour le tuer. Averti par la famille de sa fiancée, le héros sacrilège déjoue le complot. Son beau-père est destitué mais le mariage de sa fille permet de le rétablir dans son rang en l’intégrant dans la famille du fils du samouraï.

En déjouant le complot, il a également confondu sa mère dont les liens avec la cour de l’Empereur sont évidents. Il la chasse de la demeure.

Au décès de son père, il apprend qu’il était le fils de l’Empereur.

En parallèle, sa famille est entrée en conflit avec les moines armés. Il les  défie, tire à l’arc sur les palanquins sacrés. L’absence de tout effet démontre la superstition attachée à ces objets et fait alors tomber le pouvoir des moines.

Dans ce film, la quête personnelle du  héros va de pair avec la sauvegarde de l’honneur de la famille contre ceux qui abusent du pouvoir impérial et qui ne sont intéressés que par les fastes et les avantages que celui-ci confère. Alors que l’Impératrice Yang Kwei Fei fait une place importante à la narration par les images, le Héros Sacrilège est plus démonstratif, les dialogues y tiennent une place importante. Seule la joie et la pureté de l’amour sont représentés avec force à l’image grâce à l’utilisation de la couleur.

Travail général sur l’oeuvre de MIZOGUSCHI : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mizoguchi/

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