Calendrier de l’Avent #5 – Malaterre

Pour ce 5ème jour du calendrier, je vous emmène dans le monde des bandes dessinées avec Malaterre de Pierre Henri Gaumont.
L’univers de la Bande Dessinée est un univers que je connais peu. Enfant, j’ai lu les grands classiques : Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, les Schtroumpfs et puis j’en suis restée là, me tournant d’avantage vers les romans. Le temps me manquant désormais pour me plonger dans des pavés de 500 pages, je me suis progressivement tournée vers de nouvelles Bandes Dessinées, plus modernes, dont le trait est bien loin de la ligne claire d’Hergé et ce n’est point un reproche de ma part. Ces bandes dessinées gagnent ainsi en expressivité.
Malaterre nous conte l’histoire de Gabriel qui a racheté en Guyane l’ancien domaine d’exploitation forestière de son aïeul dans lequel siègent le grand hôtel particulier dans le style du 19e siècle ainsi qu’une serre dévorée par les plantes tropicales. Gabriel y voit une revanche sur le destin de ses ancêtres ruinés qui ont été contraints à vendre l’exploitation.
Le problème est que Gabriel n’est pas du tout gestionnaire et qu’il a la fâcheuse tendance à appréhender la réalité à travers un filtre personnel très déformant. Il maugrée, vitupère, s’emporte, souvent aidé par une consommation d’alcool excessive. Il se bat pour la garde de ses enfants, sans comprendre ce qu’implique réellement leur prise en charge, obtient celle des aînés qu’il laisse vivre en grande autonomie dans la ville voisine. Ceux-ci découvrent un monde totalement inconnu, au décor exotique et aux dangers nouveaux. Ils jouissent aussi de leur nouvelle autonomie, des virées entre copains et font l’expérience d’une liberté dont ils n’auraient certainement jamais fait l’expérience autrement. Bien plus tard, ils se trouveront à la tête de l’exploitation paternelle et devront tirer les leçons de cette étrange période, douce amère faite de grands heurts et de sensations fortes.
J’ai particulièrement apprécié la manière dont la narration est construite, comme si on entendait au cinéma une voix off, ce qui donne un aspect très littéraire au récit. Comme je le disais, le dessin est très expressif et rend à merveille la luxuriance de la végétation, les colères des personnages, l’alcoolisme du père, le danger et la fragilité de la vie menée par ses enfants.
MALATERRE de Pierre Henry GOMONT aux éditions DARGAUD

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