Moi et les autres

Grandir, c’est aussi rencontrer de plus ou plus de personnes, élargir son champ et se confronter aux autres.

Au pays des petits pouxLa série sur le monde des Petits Poux permet d’aborder le thème de la différence simplement avec les enfants de trois ans . Dans « Au pays des Petits Poux« ,  voici un gros poux qui vit dans une grande couverture et qui en a assez de vivre seul et décide d’inviter ses petits amis poux à une fête. Quelle surprise ! Les petits poux qui répondent à son invitation ne lui ressemblent pas du tout. Certains ont des yeux énormes, d’autres de grandes jambes. Celui-là est tout petit, celui-ci est très maigre. S’en suit une conversation sur les raisons des différences de chacun et bientôt le gros poux du milieu de la couverture va se voir renvoyer que lui aussi est différent de ses petits camarades et que la normalité ne se jauge pas nécessairement à l’aune de ses propres caractéristiques physiques. Voilà de quoi faire réfléchir les enfants sur les différences de chacun.

Les petits poux au jardinLes « Petits Poux au jardin » permet de pousser plus loin la réflexion. Ça y’est, les petits poux ont appris à vivre ensemble malgré leurs différences. Ils décident alors de sortir et de s’aventurer dans le jardin. Evidemment, ils vont rencontrer d’autres animaux. Comment vont-ils réagir ? La peur, les préjugés et la fuite sont au rendez vous.

Anton et les rabat-joieDe manière plus concrète, la série Anton aborde également les rapports avec autrui. Le mieux est de commencer par Anton et les Rabat Joie  car le volume nous présente bien la petite bande qui sera ensuite évoquée plus rapidement dans les autres numéros de la série.

Anton retrouve ses amis Greta, Nina et Lukas pour partager son goûter. Ses amis le rembarrent au motif qu’ils sont en train de faire du jardinage et qu’Anton ne peut pas participer, faute d’outil.

Rapidement, la situation de blocage évolue et chacun d’eux va se faire exclure par le groupe à un moment ou à un autre,  le centre de gravité se déplaçant progressivement de l’activité de jardinage menée par Greta à Anton parti initialement bouder tout seul. Le livre trouve sa force dans un ressort bien connu des livres pour enfants : la répétition. On  voit ainsi d’abord Anton bouder seul dans son coin puis Lukas le rejoint, puis Nina, ce qui permet de commenter ainsi les images : Anton boude/Anton boude, Lukas boude/Anton boude, Lukas boude, Nina boude. L’autre ressort très intelligent du livre est de mettre en scène ce moment très énervant où l’on veut bouder et où les éléments ne vous laissent pas tranquilles. Arrivent ainsi un chien puis quelques fourmis qui vont déranger notre bande d’amis.

A noter que les enfants qui partent bouder expliquent qu’ils vont faire semblant d’être morts, ce qui est compliqué pour des jeunes enfants qui ne connaissent pas ce mot. J’ai donc expliqué que les enfants disaient qu’ils allaient dormir. Cela s’insère très bien dans la narration et cela colle bien avec les dessins.

Anton et les filles« Anton et les filles » nous montre notre petit garçon essayant d’attirer l’attention de Nina et Greta, toute occupées à jouer dans le bac à sable. Pourtant, « Anton est fort », il peut soulever une branche d’arbre, construire une maison et même faire du toboggan à plat ventre, la tête la première. Nina et Greta ne bronchent pas et ne lui prêtent aucune attention jusqu’à ce que, à force de pitreries, Anton se blesse et pleure. Les deux filles viennent alors le consoler et lui donner un gâteau. Cette embellie va-t-elle durer ?

Anton est-il le plus fort ?Dans Anton est-il le plus fort ?  , l’affrontement est à la fois plus réel puisqu’il s’agit d’un vrai combat et à la fois encore une fois symbolique puisque les armes sont virtuelles. Lukas et Anton imaginent ainsi mesurer leur force à celui qui portera le plus de rondins de bois ou à celui qui fera le plus de bruit avec un instrument de musique. La bonne idée de l’album est que ces objets sont dessinés de telle sorte que l’on comprend qu’ils sont issue de l’imagination des deux camarades.

La réalité va les rattraper et ils feront moins les fiers, au moins pour un temps, à l’arrivée d’un petit chien.

Toute la force de la collection Anton est de mettre en scène en quelques pages une situation d’origine, de décrire son évolution  en la développant sur plusieurs images et, enfin, d’ouvrir vers une 3e phase en guise de conclusion qui éclaire différemment la situation de départ. Ce sera l’arrivée d’un rival, la persistance de la compétition après la disparition du danger qui les a un temps réunis ou une cause extérieure qui réunira une fois pour toute la petite bande d’amis.

  • « Le Pays des petits poux » de Beatrice Alemagna (Auteur) – Phaïdon (2009)
  • « Les petits poux au jardin » de Beatrice Alemagna (Auteur) – Phaïdon (2011)
  • « Anton et les rabat joie » de Ole Könnecke (Auteur), Florence Seyvos (Traduction) – Ecole des Loisirs (2013)
  • « Anton et les filles » de Ole Könnecke – Ecole des Loisirs (2007), collection Les lutins
  • « Anton est-il le plus fort ? » de Ole Könnecke (Auteur), Florence Seyvos (Traduction) – Ecole des Loisirs (2015)

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