Playtime

Après Mon Oncle, comment ne pas continuer dans la série consacrée à la ville sans évoquer Playtime qui en constitue évidemment le prolongement tout en abordant le thème avec une toute autre ampleur de toute autre implication.

 

Je disais à propos de Mon Oncle (l’article est ici) que l’ironie grinçante qui conduit à se moquer du couple Arpel dans Playtime n’était en fait que suggérée tout le long du film par la mise en échec constante de la modernité par M Hulot. Finalement, on pourrait tout autant voir le film en se moquant de M. Hulot en le taxant d’inadapté social et d’oisif. J. Tati évite subtilement ce contresens à ses spectateurs par la sympathie qu’inspire son personnage, lequel se lie au monde de l’enfance et à la ville ancienne qui était encore présente dans l’esprit des spectateurs au moment de la sortie du film en 1958. Il n’y a qu’à voir les critiques de Mon Oncle sur internet où sont mises en avant les idées de nostalgie de la France de leur enfance, des petits villages etc … Et à sortie, Mon Oncle connut un grand succès et remporta de nombreux prix, ce qui n’est pas le cas de Playtime sorti en 1967.

 

Ce qui a certainement déplu dans Playtime est le fait que le spectateur ne peut plus se raccrocher à un personnage charismatique, attachant qui se bat contre les travers d’une ville moderne et uniformisée. Seule la touriste dénommée Barbara sert de contrepoint en permettant de temps à autre à Tati d’appuyer son propre point de vue. M. Hulot est quant à lui noyé dans la multitude au point que l’on croise à plusieurs reprises ses sosies. En outre, si Mon Oncle est construit sur une opposition très marquée entre ville ancienne et ville moderne, Playtime n’offre qu’une vision d’une ville moderne  de telle sorte que le ressort de la nostalgie ou des traditions est brisé. De même, si le scénario de Mon Oncle n’est déjà pas conventionnel, il reste construit sur des relations humaines classiques autour d’une famille, d’amis, d’un oncle, d’un employeur etc … Ces repères classiques sont totalement dissolus dans Playtime bien que l’on puisse penser que le fameux rendez-vous de M. Hulot soit lié à la recherche d’un emploi.

 

Après un générique sur un grand ciel bleu, le film s’ouvre dans un grand espace géométrique et froid dans lequel un couple parle au premier plan. La teneur exacte de leurs propos est difficilement audible. On comprend seulement que la femme est inquiète et explique à l’homme comment elle a fait sa valise, ce qui ne peut que rappeler l’ouverture de Mon Oncle où Mme Arpel préparait son mari à partir au travail. Très rapidement, l’attention du spectateur est tournée vers l’arrière plan où une foultitude de personnages très stéréotypés circulent avant de disparaître hors champ. On y rencontre ainsi des bonnes sœurs, une infirmière tenant dans ses bras un bébé hurlant, un militaire et on ne peut que se demander ce que font toutes ces personnes et dans quel endroit on se trouve.

 

Ce n’est finalement qu’au bout de près de 5 minutes (4 »57 exactement) que l’on comprend, à l’annonce faite dans un haut parleur qu’il s’agit d’un aéroport. Ce lieu est hautement symbolique puisque le film suivra de loin en loin les pérégrinations d’un groupe de touristes américaisn et s’attache en tout autre chose à interroger le tourisme de masse déjà évoqué à une échelle bien plus réduite dans Les vacances de M. Hulot. Un des axes du film est donc posé en quelques images : il sera question d’un tourisme devenu tellement de masse que tout le monde, tous les métiers voyagent et finissent par vivre et même accoucher à l’aéroport.

 

On remarquera que l’ouverture montre un petit balayeur qui ne peut rappeler que celui de Mon Oncle, seulement celui-ci n’a aucun travail. Les sols sont reluisants, il n’y a aucun déchet. Le voilà donc qui regarde les autres, ce qui déclenche le même comportement en retour : les autres observent ce curieux personnage qui ne suit pas sans faillir la tâche qui lui est attribuée et qui regarde autour de lui. Evidemment, l’oeil observateur de Tati se retrouve dans ce personnage et se retrouvera à d’autres moments du film. L’oeil du spectateur sera aussi celui d’un voyeur qui observera comme dans un cage de verre les personnages du film.

 

Le premier thème est donc celui du tourisme de masse mais il conduira en réalité à interroger plus généralement la consommation de masse et l’uniformisation qui s’en suit. Tati qui avait fait construire une grande partie des décors en région parisienne dans ce que l’on a appelé Tativille mêle aussi des plans tirés du vrai Paris, ce qui ancre le film dans un certain réalisme et évite d’en faire une oeuvre futuriste totalement détachée du réel. Ainsi, rapidement le spectateur voit la façade de l’aéroport de Roissy puis les indications au sol qui orientent les véhicules vers Paris. Plus tard, les bus parisiens typiques de cette époque apparaîtront.
Le décor est ainsi posé ; le film se déroule à Paris. Mais voilà, que le spectateur ne s’attende surtout pas aux images de cartes postales, aux déambulations dans le quartier de Montmartre ou aux photographies prises du haut de la Tour Eiffel. Ce qui est d’abord mis en avant, sont les questions de gestion de flux de touristes. On les compte en haut de l’escalator, on les compte en bas. On les scinde en groupe, on les répartit dans des hôtels, ce qui brise le charme du voyage, en tout cas pour le spectateur car les visiteurs n’ont pas l’air de s’offusquer, trop occupés à leur conversations suffisamment absorbantes pour qu’ils n’observent pas ce qui se passe autour d’eux, ce qui est à la fois paradoxal et réaliste pour des touristes.  Et que l’un n’essaie pas de s’échapper du groupe, il sera tout de suite rappelé à l’ordre.
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De monuments célèbres, les touristes n’en     auront que les reflets dans les portes transparentes qui s’ouvrent et qui se ferment au gré des passages. On pourrait en arriver à  douter de ce que le film se situe vraiment à Paris si un seul plan ne montrait pas une vision directe de la capitale. De même, le plan montrant les ouvriers de la voirie au travail au sortir du grand restaurant Le Royal Palace, comme pour montrer que Paris n’est pas seulement peuplé de touristes et de fêtards. La seule visite du groupe d’américaines sera  celle d’un salon de l’invention quelconque où il leur sera fait une brillante démonstration de lunettes aux verres amovibles pour permettre le maquillage des yeux ( je vous assure que cela existe, allez vérifier sur Amazon) et d’un balai muni de phares pour nettoyer sous les meubles. Les touristes s’exclament et s’interpellent en signalant à leurs compagnes qu’il y a même du matériel américain. Par ce biais, Tati nous montre le paradoxe du voyage qui en se  massifiant se standardise également de telle sorte que l’essence du voyage qui est de découvrir de nouvelles choses est privé de sa substance et ce, d’autant plus que dans un monde qui s’uniformise de plus en plus, les différences culturelles et les produits vendus deviennent similaires aux quatre coins de la planète.
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On voit ainsi Barbara s’étonner que toutes les affiches touristiques montrent le même immeuble en arrière plan associé à une particularité de chaque pays comme la tour Eiffel pour Paris ou le bus à deux étages pour Londres, ce même immeuble se retrouvant d’ailleurs sur l’affiche du vendeur de porte qui expose dans le salon les portes qui se claquent sans bruit. La même Barbara a la plus grande des difficultés à photographier la petite vendeuse de fleurs qu’elle estime typique. Il s’agit en effet de faire sortir du cadre les jeunes garçons aux blousons américains qui témoignent de l’expansion de la culture américaine en France. Tati a d’ailleurs choisi le titre de son film en référence à la mode d’utiliser à tout bout de champ des mots anglais. Il fait notamment demander à un de ses personnages « comment prononce-t-on drugstore ? « . Ce tourisme de masse est enfin symbolisé par l’agence de voyage où le steward passe d’un côté à l’autre de son comptoir à toute vitesse pour répondre aux mille et un problèmes des voyageurs en transit.

 

Ce tourisme de masse va de pair avec une consommation également de masse symbolisée par le salon d’exposition où sont vendues des nouveautés plus idiotes les unes que les autres et dont on fait la démonstration avec le plus grand sérieux. Nous avons déjà évoqué les lunettes de maquillage et le balai à phares mais il y a aussi la poubelle en forme de colonne antique et surtout la porte que l’on claque sans bruit. Le grand restaurant qui occupe la quasi totalité de la seconde partie du film en est aussi un autre exemple. Sur le papier, il s’agit de l’ouverture d’un nouvel établissement grand standing mais rapidement, le vernis va se craqueler pour nous montrer toutes les imperfections d’un système qui devrait traiter avec élégance l’arrivée d’un grand nombre de consommateurs, ce qui permet de lier l’autre grande problématique du film, à savoir la supposée gestion raisonnée et moderne de la société.
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Ce second thème est principalement illustré dans la première partie du film par les épisodes mettant en scène M. Hulot qui se rend, on le suppose, à un entretien pour un travail. On le retrouve ainsi dans un grand hall impersonnel aux parois totalement transparentes. Il est reçu par un vieux concierge qui va utiliser  pour annoncer son arrivée une machine supposée très sophistiquée que l’on actionne avec de multiples boutons. Le vieil homme patine, son lointain interlocuteur ne comprend pas ce qu’il dit et crie sur l’employé. Finalement, après de longues minutes d’attente, se profile un petit homme dont entend les pas avant même de le voir apparaître tout au fond du long couloir et qui met encore un long moment pour arriver à la hauteur de M. Hulot, ce qui ne peut mieux mettre en exergue l’absurdité d’utiliser un appareil de communication si compliqué pour finalement se présenter après un long trajet au nouvel arrivant. M. Hulot est ensuite introduit dans une salle d’attente tout en verre. Aucun son n’accompagne ses images, le bruit de la ville n’apparaissant épisodiquement que quand une porte s’ouvre sur la rue, comme pour montrer que si les parois transparentes de l’immeuble permettent une vue omnisciente, en revanche, elles protègent l’intérieur du bruit, renforçant ainsi le caractère aseptisé de l’espace.
playtime tatiM. Hulot est bien sûr incapable d’attendre sagement sur un fauteuil et va tester chacun des fauteuils, déambuler dans la pièce sous l’oeil des photographies de personnes manifestement importantes dont le regard, par une illusion d’optique, semble désapprobateur à l’égard de M. Hulot. Un instant, la camera changera de point de vue en montrant M. Hulot observant M. Wax qui lui, est accueilli avec les plus grands égards et qui sait attendre, assis sur un fauteuil en mettant en scène un grand renfort de mouvements, de cliquetis et de tics, sa concentration et son sérieux.
playtime tatiFinalement, le petit homme aux talons bruyants repassera devant M. Hulot sans le voir, alors même que toutes les parois sont transparentes et il s’en suivra une course poursuite entre les deux hommes occupant une bonne partie du film. La transparence qui elle, aussi, comme la machine  à communiquer, se veut moderne  manque donc son but. Elle ne facilite pas les échanges et va au contraire être à l’origine de diverses illusions d’optique faisant croire à M. Hulot et à son employeur que l’un ou l’autre est à l’extérieur alors qu’il se trouve derrière lui et qu’il ne s’agit que de son reflet est sur la glace. Finalement, le petit homme oubliera l’existence d’une paroi transparente et se cognera violemment le nez contre elle. Ainsi, comme dans Mon Oncle, toutes les pièces communiquent mais pas les humains qui y habitent.

 

Quelques scènes plus loin, J. Tati se servira du thème de la transparence pour décrire les nouveaux appartements aux grandes baies vitrées et dont la vie des occupants est visible de l’extérieur comme dans un aquarium. Ces vitres transparentes permettent de filmer la scène de dans une vision totalement objective, en plaçant le spectateur dans une situation de voyeur, soulignant ainsi comment la modernité affine la limite séparant la vie privée et la vie publique. Cela permet aussi sur le plan de la mise en scène d’accroître le ridicule de ceux qui y sont ainsi filmés, réduits à des pantins dans un théâtre de marionnettes, le son étant coupé puisque la camera est à l’extérieur. Cette transparence ne permettra pas en revanche à M. Hulot de retrouver le petit homme avec qui il avait rendez vous et qui habite pourtant dans l’appartement voisin de celui dans lequel il se trouve. L’absence de communication est également soulignée par le fait que dans chaque logement, la famille est silencieusement tournée vers le poste de télévision.

 

playtime tatiAprès son rendez-vous manqué, M. Hulot va affronter diverses mésaventures. Du haut du premier étage, il prendra la mesure des bureaux labyrinthiques de son lieu de rendez vous, formés de petits carrés disposés tel un damier au centre duquel se trouve une hôtesse qui peut pivoter sur son siège à 360°, n’offrant ainsi aucun point de repère pour celui qui, perdu dans ce labyrinthe de petites boites, la voit toujours sous le même profil.  M. Hulot pourra à nouveau observer comment les personnages s’appellent au téléphone mais se déplacent ensuite quasiment jusqu’à leur interlocuteur pour rechercher l’information voulue avant de la transmettre dans le combiné une fois  de retour dans leur bureau d’origine. Il se fera prendre au piège d’ascenseurs dont les fenêtres s’illuminent au fur et à mesure de leur ascension comme les boutons de la machine d’appel de l’entrée de même qu’à la nuit tombée, les immeubles s’illumineront en rappelant encore le fonctionnement d’un circuit électrique, ce qui ne fait que conformité l’uniformisation de la ville moderne.

playtime tatiLa scène du Royal Garden constitue l’acmé du film en ce qu’elle voit s’affronter la logique de la maîtrise totale des événements par la technique moderne avec l’imprévu humain et le déraillement des machines. Dès les premiers plans, on comprend tout d’abord que le restaurant flambant neuf n’est pas prêt pour recevoir les invités. Le sol n’est que fraîchement posé. La cuisine  n’est pas achevée mais, devant l’arrivée des premiers clients, il faut sauvegarder les apparences. Seulement, les serveurs sont inexpérimentés ou mauvais professionnels et qui plus est débordé.  Le système de climatisation dysfonctionne. Les dossiers des chaises à l’effigie d’une couronne laissent des traces tenaces sur le costume des hommes et les dos nus des femmes. Ils déchirent également les tenues des serveurs. Pourtant, les convives ne semblent pas rendre compte du désordre qui gronde à chaque plan.

 

C’est  un autre des paradoxes de ce monde moderne. De même que la transparence devrait fluidifier les relations sociales et aider le travail, les humains devraient à la fois se montrer exigeants face aux contraintes techniques et critiques face à l’absurdité des situations générées par elle. Or, ils restent impassibles et se plient aux règles imposées par une organisation absurde, Les personnages semblent se comporter eux mêmes comme des machines, tout pris dans leur travail ou à leur volonté de faire la fête et qu’importe s’ils doivent faire mille pas par heure, si la panne de la climatisation surchauffe l’atmosphère ou si le poisson servi en entier est assaisonné 5 fois devant eux au point qu’il sera certainement immangeable. Les femmes ne semblent pas plus souffrir des marques rouges que leur font les dossiers des chaises dans le dos. Les serveurs s’accommodent du bar qui les force à regarder leurs clients à travers de petites meurtrières. Personne ne remarque que la porte du Royal Garden finit par se casser et que l’apparence n’est maintenue que par le jeu de mime du portier qui pourtant fait parfois fi de la réalité pour courir après son pourboire ou pour faire également portier du vestiaire. Les clients sont tellement habitués à la transparence qu’ils ne remarquent pas l’absence de porte.

 

Seul le patron du restaurant est conscient des problèmes rencontrés et se démène pour les régler. Au delà des problèmes pratiques, il s’évertue à chasser les ivrognes du bar et tout ceux qui ne cadrent pas avec le caractère « select » de l’établissement mais en vain, les dysfonctionnements électriques l’accaparent trop et l’enseigne lumineuse de l’établissement en forme de cercle semble attirer tous les malvenus, comme si la courbure, si rare dans le décor, attirait le désordre. Et dès que la porte d’entrée se casse, le mur de verre qui séparait symboliquement les deux mondes est aussi brisé.

 

Le gardien du début du film et certains serveurs qui font les frais de la mauvaise organisation émettent aussi des critiques. Ils perdent leurs chaussures éclaboussées par une glace devenue crème dans la chaleur ou déchirent leurs costumes sur les dossiers des chaises. Leur plainte ne sont pas reçues et ils sont renvoyés à leur incompétence. Ils  suivent aussi une logique qui leur est propre. Certain jouent aux charmeurs, d’autres sifflent en cachette une bouteille de vin. Certainement que comme dans Mon Oncle, Tati  en profite pour montrer le devenir du peuple des ouvriers et autres travailleurs qui restent en marge de la modernité. Ils participent donc du dérèglement général. En définitive, c’est le décor qui cédera et qui créera un espace cloisonné par des éléments du décor en bois et  mené tambour battant par un autre touriste américain qui choisira ses invités. L’espace symboliquement transparent mais socialement clos devient physiquement fermé et révèle son essence cachée. A ce titre, on peut aussi penser au sort réservé aux musiciens noirs d’abord refoulés de l’entrée du restaurant avant que l’on comprenne qu’il s’agit de l’orchestre.

 

En conclusion, il est difficile de résumer par de seuls mots la richesse de Playtime. On ne peut que conseiller, d’ailleurs ,de le voir sur grand écran pour profiter du 70 millimètres, de la largeur des plans où un gag se cache toujours en arrière plan, sur le côté en bas ou en gauche. Dans la scène du restaurant, le regard doit circuler sans cesse sur toute la surface de l’écran, stimulé par la musique de l’orchestre qui maintient une ambiance fiévreuse.

 

La force de Playtime réside aussi dans sa modernité cinquante ans après sa sortie. La ville dont parle Tati est celle que l’on connaît aujourd’hui. Les foules enfiévrées qui bousculent et transportent en leur sein le touriste perdu existent toujours dans le métro parisien et surtout, notre société se gausse toujours de son progrès et de son modernisme bien qu’ils ne soit pas toujours porteurs que d’avantages. Seuls quelques éléments secondaires datent quelque peu le film. Il en va ainsi des bus parisiens qui ont changé d’aspect ou de la musique jazz devenue emblématique de l’image de carte postale justement critiquée par Tati.

 

La conclusion  est enfin sa partie la plus faible. Elle montre en effet un embouteillage autour d’un centre giratoire faisant la part belle à la gaité et à l’échange humain, en droite ligne de l’opposition sous tendue dans tout le film entre droite et courbe. Il reste que cette parade aux accents felliniens semble peu réaliste et tranche donc avec  le reste du film. En définitive, Tati se montre bien meilleur critique de son monde que constructeur d’un nouveau mode de vie.

 

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