Voyages en pays lointains

Bonjour à tous,

Voici premier article d’une nouvelle série autour du voyage. Nous explorerons différents pays mais aussi le thème du voyage lui même. Nous en profiterons pour découvrir de nouvelles cultures et de nouvelles habitudes. Nous ferons aussi une escale en Grêce puisque ce sera la destination de notre petite famille en fin d’été.

Aujourd’hui, je vous emmène en Afrique et au Mexique et tout autour de la Terre.

chocolataDans cette série, il y a d’abord Chocolata qui nous entraîne dans le voyage d’une jeune hippopotame qui décide de quitter sa savane pour aller découvrir la ville où elle a entendu dire qu’il y avait des bains publics. Première confrontation avec la ville, Chocolata réalise qu’il va falloir s’habiller. Elle essaie plein de vêtements et opte pour un jogging rouge et des baskets qui clignotent. Tout n’est pas parfait, la chaise du restaurant est trop fragile, le lit de l’hôtel est mou et on ne peut pas admirer les étoiles. Mais qu’importe, la joie de voyager l’emporte sur tout. Elle découvre finalement les bains publics un peu petits dans lesquels on doit porter un bikini un peu serré. Mais on peut discuter et Chocolata s’amuse bien. Elle retourne enfin dans son village, heureuse de son expérience mais tout aussi heureuse de retrouver le bain de boue traditionnel et ses amis.

Le livre est écrit très intelligemment en ce qu’il permet de jouer à la fois sur les attentes de la nouveauté en mettant en place des oppositions entre la terre natale et le lieu de voyage et sur les préjugés auxquels on est confronté au cours d’un voyage. Chocolata doit ainsi se confronter aux humains qui semblent majoritairement peupler la ville. Chocolata est souple, elle essaie de s’adapter avec humour, prise dans les multiples vêtements s’offrant à elle, les livres exposés chez le libraire. Au passage, elle égratigne un peu les coutumes de la ville et la société de consommation qui semble y régner, entre les chaussures en peau de crocodile, les restaurants végétariens et les chaussures clignotantes.

Revenue chez elle, ses amis l’accueillent avec joie. La petite robe devient un déguisement pour son ami singe et les baskets clignotantes servent à imiter les lucioles. Les souvenirs sont ainsi détournés par la culture d’origine et un peu tournés en ridicule. Pour le reste, l’écriture est rythmée et plaisante.

les chèvres aux yeux douxAllons maintenant visiter Ali Badou et ses chèvres aux yeux doux. Ali Badou est fermier dans un village d’Afrique. Il a plusieurs épouses, beaucoup d’enfants. Les premières se plaignent des chèvres qui détériorent tout ; il décide alors de les vendre au marché haut en couleur. Il est cependant rejoint par ses enfants qui l’implorent chacune à leur tour de ne pas vendre les chèvres. C’est ensuite le tour des femmes de plaider la même cause. Toute la famille repart alors au village mais une surprise les attend au retour. Il se peut qu’il y ait maintenant un peu plus de 7 chèvres aux yeux doux. Le livre est très attrayant avec de grands aplats de couleurs chaudes qui retranscrivent bien le climat africain. Sont intercalés les visages en gros plan de ceux qui parlent, ce qui permet de retranscrire à l’image le rythme de l’écrit qui est très agréable et joue sur l’accumulation de chiffres : X chèvres, X femmes et X enfants. Chacun deux prend la parole à tour de rôle, ce qui donne lieu à de longs dialogues.

Direction à présent au Mexique avec Sous le Soleil des Mariachis. Miguel nous entraîne avec sa petite famille à la découverte du Mexique. On se ballade dans la vie colorée de Mexico, on traverse des canyons, on visite les pyramides de Teotihuacan, on déguste les spécialités locales. Bien que les auteurs soient différents, on retrouve les grands aplats de couleurs des chèvres d’Ali Badou qui retranscrivent l’ensoleillement du pays. Le rythme est enlevé et on apprend en s’amusant, sans s’en rendre compte. A chaque double page, on ressent l’ambiance de fête au point de presque entendre les mariachis. Le texte peut être utilisé pour les plus grands pour approfondi l’histoire mexicaine puisqu’on parle des ruines aztèques, de la fête de l’indépendance et de la cathédrale de Mexico. En fin de livre, une carte et des explications littérales donnent des informations sur la géographie et l’histoire du pays. Figure aussi un petit lexique pour apprendre à dire quelques mots.

Deux livres plus généralistes à présent : les Quartiers du monde nous emmènent dans une ville typique de l’Afrique du nord, du Japon ou du grand nord. On observe les habitats traditionnels, les lieux de vie typiques. Les doubles pages fourmillent de mille détails. Mes loulous adorent la double page consacrée au quartier de Shibuya où l’on voit un Mario en haut d’un immeuble. Les enfants sont invités à soulever de multiples languettes qui permettent d’entrer dans les immeubles et en apprendre plus sur les habitudes de vie des habitants, leur nourriture, la façon dont les écoles sont organisées. Point positif, des doubles pages sont consacrées à des destinations moins courues pour les enfants telles qu’ Amsterdam ou la province du Fujan en Chine. En revanche, je ne peux que souligner que la double page sur le Mexique présente une favela, sans expliquer qu’il s’agit d’un quartier très pauvre et en présentant ce quartier comme un lieu traditionnel ou typique du Brésil. Parler de pauvreté et d’habitations faites de bric et de broc étrangers à la société de consommation, très bien mais il faudrait alors mieux expliciter que l’on parle de la pauvreté d’une partie de la ville, pauvreté pas nécessairement typique et que l’on peut hélas retrouver dans d’autres villes sous d’autres formes.

mon premier voyage autour de la terreMon Premier voyage autour du Monde est construit sur un schéma similaire à ceci près qu’il est écrit à la première personne. Nous irons alors en Inde, au Brésil, à New-York. La visite est moins détaillée que dans les quartiers du Monde et les textes nécessiteront des explications de la part des adultes. Les dessins sont colorés et donnent envie de se plonger dans ce voyage.

Enfin, un livre trans-âge comme je les aime à propos des animaux explorateurs. Les Grands Conquérants raconte comment des animaux familiers ont voyagé avec les hommes d’un continent à l’autre et se sont adaptés à leur nouveau milieu voire l’ont modifié. Parfois, ils étaient des passagers clandestins, parfois, ils ont été volontairement introduits et souvent cela a causé des dégâts écologiques. Une manière d’aborder les grandes découvertes avec les enfants, de réfléchir aux dégâts causés sur la nature par les humains qui tentent de la manipuler et plus prosaïquement, si on lit le livre avec un globe ou une planisphère à portée de main, on peut aborder avec les enfants l’agencement global des continents, des chemins envisageables pour passer de l’un à l’autre etc …Les petits apprécieront les dessins d’animaux familiers parés d’attributs des pays d’origine et de colonisation et le sujet du livre qui parle des animaux familiers sous un angle différent.

Chocolata OQO Editions de María Luisa Núñez Álvarez (Auteur), Helga Bansch (Illustrations)
Les chèvres aux yeux doux de Stephen Davies  (Auteur), Christopher Corr  (Illustrations), Anne Krief (Traduction)
Sous le soleil des Mariachis  de Nicholas Masek  (Auteur), Christopher Corr  (Auteur) chez Hatier collection Albums du Monde
Les Quartiers du Monde de Lucile Placin (Auteur), Catherine Destephen  (Auteur) Editions Vengeur Masqué collection Al’Intérieur
Mon premier voyage autour du Monde de Gaelle Duhaze (Auteur) chez Seuil Jeunnese

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